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Un nouvel ouvrage sur les patrouilles acrobatiques dans le monde : si l’idée n’est ni nouvelle ni originale, force est de constater que hormis ceux traitant de la Patrouille de France, les livres concernant cette forme particulière d’aviation ne sont pas bien nombreux.
La principale difficulté, en dehors de l’obtention des autorisations pour pouvoir effectuer le reportage et si possible accompagner la patrouille au cours d’un vol (car c’est là que pourront être faites les photos les plus impressionnantes, les plus intéressantes et les plus représentatives), sera de résoudre la question de l’éloignement. Si il est plutôt facile de se rendre à Salon-de-Provence ou à Dijon pour rendre visite à la PAF et aux Breitling — ou de se rendre à un meeting où ces deux formations seront présentes — il en est tout à fait différemment de l’Arabie Saoudite, de Singapour ou du Brésil.
Si l’auteur se lançant dans un tel projet n’est pas en mesure de parcourir le monde, il lui est cependant possible de profiter des possibilités d’internet, et d’obtenir de ses correspondants les clichés pouvant permettre d’illustrer les différentes patrouilles parmi les plus rares. C’est la démarche adoptée par l’auteur de ce livre consacré aux patrouilles acrobatiques mondiales : rassembler sous une même couverture les plus belles photos existantes des différentes formations existant aujourd’hui.
S’il ne manque à l’appel que quelques unités (Blue Impulse japonais ou les Black Seahawks de la Royal Navy), et si les clichés sont pour la plupart réussis, ils souffrent majoritairement de problèmes de compression. À croire que l’auteur n’a pu réussir à obtenir les fichiers originaux en plein format et s’est contenté de photographies recadrées pour le web et compressées parfois à l’extrême. Si pour une majorité d’entre elles, ces défauts de compression ne sont visibles qu’en les examinant avec attention, pour certaines les problèmes sont flagrants et donnent une impression de véritable gâchis. Par exemple, la série des Saudi Hawks montre les traces d’une compression moyenne, tandis que le pompon revient à la photo des avions des Frecce Tricolori de la page 100 qui inaugure un nouveau genre artistique : après le pointillisme et le cubisme, le "pixellisme" !
L’explication de ces problèmes est sans doute simple, car il s’agit d’un premier livre autoédité, et même si aujourd’hui il arrive encore aux éditeurs les plus "pointus" de trébucher sur un fichier en basse définition, le piège est véritablement cruel pour un jeune auteur. Il est cependant étonnant de constater ces défauts sur des photos prises personnellement par l’auteur lui-même — les deux photos de Virginie Guyot à la Patrouille de France, entre autres — ce qui ne manquera pas de laisser perplexe.
Si ce genre de défaut peut agacer le lecteur dans une monographie standard, c’est rédhibitoire dans un livre de photographies. C’est vraiment un crève-cœur de ne pas trouver de salut dans cet échec, car la démarche était vraiment sympathique ; on ne peut que souhaiter à l’auteur de pouvoir réaliser une nouvelle édition de cet ouvrage, dans laquelle les photos ne souffriront plus de ces défauts contournables.
Frédéric Marsaly
192 pages en français et en anglais