Cet ouvrage est un petit mémento présentant la réglementation de l’activité "aéronefs ultralégers motorisés". Cette publication est elle-même ultra légère avec ses 92 pages au format A5.
La présentation est un peu surprenante car, précisément, elle ne se limite pas à l’aspect réglementaire. Des explications, certainement à vocation pédagogique, se glissent en effet dans nombre de paragraphes. Par exemple lorsque nous sont exposées les différentes classes d’ULM (paramoteur, pendulaire, 3-axes), on nous explique comment on les conduit, quelle est la clientèle de chaque catégorie, quelles sont les habitudes des pilotes, quelle est la moyenne d’âge des licenciés, etc. Beaucoup de ces commentaires sont un peu journalistiques et ce mélange des genres pourrait rapidement donner une impression de remplissage hors-sujet dans un ouvrage a priori dédié à la seule réglementation.
On regrettera aussi un traitement inégal pour ce qui est des signes et abréviations, un mal nécessaire en aéronautique comme dans beaucoup de domaines : certains sont explicités immédiatement, d’autres le sont après plusieurs mentions (ULM à la page 16 seulement), d’autres ne le sont jamais (PUL, NOTAM). Il est dommage qu’une méthode unique n’ait pas été choisie, telle qu’une table en annexe par exemple. Et ce d’autant plus que les explications "journalistiques" mentionnées plus haut laissent penser que la rédaction vise un "grand public" qui a besoin de la traduction des sigles, contrairement au titre qui semble concerner surtout les spécialistes qui, eux, les connaissent à priori et peuvent se contenter d’une annexe où se référer en cas de doute. Il y a bien un paragraphe 2.2 Définitions et Abréviations, mais paradoxalement il nous parle surtout de masses réglementaires.
Pourquoi tant de hors-sujets ? On peut se le demander et surtout espérer que ce n’est pas pour étoffer un contenu qui, sans cela, paraîtrait encore plus ultraléger. Il est vrai que cela concerne une discipline qui, par principe, est moins réglementée que les autres et qu’il n’y aurait de toutes façons pas de quoi emplir une encyclopédie.
Cette impression brouillonne est également renforcée par une logique de présentation des chapitres qui ne saute pas aux yeux. Par exemple, pour ce qui est du statut réglementaire du pratiquant, il est traité au chapitre 3 Le Pilote, mais aussi au paragraphe 4.2 Le Brevet ULM, qui lui, dépend du chapitre 4 Transport Aérien…
En ce qui concerne l’iconographie, peu de photos bien entendu car ce n’est pas l’objet de l’exercice, mais simplement une reproduction en noir & blanc de documents. Si l’absence de couleurs n’est pas trop grave quand il s’agit de cartes d’aérodromes, ça se complique quand, par exemple pour les schémas des pages 78-79, on nous représente des signaux conventionnels dont la couleur est un élément constitutif. Un peu comme si un code de la route nous présentait des panneaux en noir et blanc en nous laissant deviner de quelle couleur ils peuvent bien être !
Voici donc un ouvrage assez inégal, avec du contenu parfois très intéressant mais mélangé avec d’autres éléments de moindre intérêt, dans un contenant un peu bâclé. Il faut donc qu’on se dépêche d’oublier les derniers pour se concentrer sur le premier et reconnaître l’aspect certainement utile de cette publication.
Jean-Noël Violette
92 pages, 14,5 x 20,5 cm, broché