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Re:MF54 - Aéroforums

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Re:MF54

de Prosper Vandenbroucke (06/05/2019 16:14:10)
en réponse à MF54 de Henry-Pierre Marquis (05/05/2019 15:49:35)

Naturalisé français depuis le 27 juillet 1912, Milan
Rastislav Štefánikest ainsi naturellement appelé sous les
drapeaux dès le 2 août 1914. Mobilisé dans l’infanterie,
il est très vite détaché dans l’aéronautique, au 1er
groupe d’aviation à Dijon. Il entre à l’École d’aviation
militaire de Chartres le 26 janvier 1915 et obtient son
brevet de pilote en avril. Il est alors proposé pour le
grade de sous-lieutenant à titre temporaire par ses
supérieurs hiérarchiques, grade qu’il obtient le 3 mai
1915. Il rejoint l’escadrille MF 54 qui vient d’être
créée. Commandée par le capitaine Prat, l’unité est
stationnée à Brias. Elle appartient au 2e groupe
d’aviation rattaché à la 10e armée.
Les archives de cette escadrille ont été détruites lors de
la campagne de mai-juin 1940. Le département de l’armée de
l’Air (DAA) du Service historique de la Défense conserve
toutefois les carnets de comptabilité en campagne de cette
unité sous la cote SHD/DAA, 2 A 144. L’arrivée de Štefánik
y est consignée ainsi que son départ en septembre 1915
pour le dépôt du 2e groupe d’aviation, en vue de son
transfert vers les unités aéronautiques engagées en Serbie
: « A organisé un service de prévision du temps qui rend
les plus grands services à l’aviation. Le départ du sous-
lieutenant Štefánik laisse de grands regrets à la Xe
Armée. »
Štefánik quitte donc la MF 54 pour intégrer, à partir du
10 septembre 1915, l’escadrille MF 99 de Serbie (ou MF.99
S). Il participe ainsi, en tant que pilote sous le
commandement du capitaine Vitrat, à la mission française
d’aviation en Serbie. Confronté à l’effondrement du front
serbe face à l’offensive austro-allemande, le contingent
français entame une retraite à travers l’Albanie dès
octobre-novembre 1915.
A son retour, encouragé par le général Janin, Štefánik
tente de constituer une escadrille slovaque sur le modèle
de l’escadrille américaine, future escadrille Lafayette.
Elle ne verra pas le jour. Il est nommé lieutenant à titre
temporaire le 20 mars 1916 et reçoit, durant l’été, un
ordre de mission pour la Russie, dans le but de recruter
des prisonniers tchèques volontaires pour servir sur le
front français. Cette mission de recrutement se double
pour Štefánik d’un but politique devant servir la cause
tchécoslovaque. En effet, la création d’une armée
tchécoslovaque constitue l’un des objectifs les plus
importants de la résistance tchécoslovaque à l’étranger
conduite par Edvard Beneš, Tomáš Garrigue Masaryk et Milan
Rastislav Štefánik au sein du Conseil national
tchécoslovaque. Selon Masaryk, « si l’on forme une armée,
on parvient à une position juridiquement nouvelle à
l’égard de l’Autriche et des Alliés. » Nommé capitaine à
titre temporaire le 20 décembre 1916, durant son séjour en
Roumanie, Štefánik reçoit, au titre de la mission, le
grade de commandant. En janvier 1917, il rejoint Paris.
Dès le mois de mai, il est désigné pour être envoyé en
mission spéciale aux États-Unis afin de poursuivre l’œuvre
de recrutement commencée en Russie. En juillet, le projet
de création d’une armée tchécoslovaque en France est
présenté par le ministre de la Guerre au président du
Conseil pour approbation et, le 16 décembre 1917, le
président de la République française décrète la création
d’une armée tchécoslovaque autonome, subordonnée
militairement à l’autorité du haut commandement français
et recrutée parmi les Tchécoslovaques volontaires. C’est
pour la nation tchécoslovaque le début de sa
reconnaissance juridique.
De retour à Paris en novembre, Štefánik est nommé officier
de la Légion d’honneur. Le 2 février 1918, il est nommé
chef de bataillon à titre temporaire. C’est en réalité la
régularisation officielle de son grade, attribué lors de
son séjour en Roumanie en 1916. Le 5 janvier 1918, désigné
pour remplir les fonctions d’adjoint du général Janin,
commandant français des forces tchécoslovaques de Russie,
il reçoit l’ordre de rejoindre Jassy en Roumanie via
l’Italie. Son passage au grade de lieutenant-colonel, jugé
nécessaire par Janin dans le cadre de ses futures
missions, fait l’objet d’un rapport approuvé par le
président du Conseil et ministre de la Guerre, le général
Foch, en janvier 1918.
À la fin du mois de mars, le lieutenant-colonel Štefánik
intègre la mission Janin en Italie afin de poursuivre et
coordonner toutes les questions se rapportant à
l’organisation d’une armée tchécoslovaque. En tant
qu’adjoint du commandant de l’armée tchécoslovaque, il est
chargé de recruter « parmi les prisonniers autrichiens de
race tchèque, des contingents volontaires pour l’armée
autonome et obtenir l’envoi en France d’une partie de ces
contingents ». Sur place, il crée des commissions de
recrutement et parvient ainsi à enrôler 14 000 prisonniers
de guerre tchécoslovaques parmi un total de 22 000 hommes
recensés. Reçu par le président du Conseil italien le 6
mars 1918, il rédige alors une note sur la question
tchécoslovaque en Italie et entame de longues négociations
qui aboutiront à la signature d’une convention conclue le
21 avril 1918 entre le gouvernement italien et le
lieutenant-colonel Štefánik en vue de l’utilisation de
volontaires tchécoslovaques en Italie 9. Ayant rempli avec
succès sa mission, il rentre à Paris au début du mois de
juin. Il y reçoit sa lettre de nomination au grade
supérieur : « Le Président du Conseil, ministre de la
Guerre, informe M. le lieutenant-colonel Štefánik, de
l’armée tchécoslovaque, qu’il est nommé général de Brigade
à titre de mission dans l’armée tchécoslovaque pendant la
durée de la mission qu’il remplit comme adjoint au
commandant de l’armée tchécoslovaque et comme membre du
Conseil National. Il n’exercera l’autorité qui s’attache à
ce grade que vis-à-vis des contingents tchécoslovaques
ainsi qu’au cours des diverses missions qu’il accomplira à
l’étranger au service de la cause tchécoslovaque. L’effet
de cette nomination cessera dès que la mission de M.
Štefánik aura pris fin. »
À la fin du mois de juin, Štefánik retrouve l’Italie qui
fête sa victoire et l’entrée en ligne des troupes
tchécoslovaques. Il organise l’instruction et l’emploi du
corps tchécoslovaque afin de le transformer en une armée
régulière. C’est la nécessité de l’envoi à Vladivostok de
Janin et Štefánik pour prendre le commandement des troupes
tchèques, demandé impérieusement par le ministre des
Affaires étrangères, Stephen Pichon, qui met un terme à
son séjour en Italie. Le ministre de la Guerre du nouvel
État tchécoslovaque arrive en Sibérie en novembre 1918 au
sein d’une mission militaire française qui pour ordre de «
rétablir la continuité du Transsibérien sur tout son
parcours puis créer à travers la Russie, de la mer Blanche
à la mer Noire, un réseau aussi serré que possible de
centres de résistance susceptibles d’opposer un barrage à
l’expansion allemande vers l’Est ». La situation au sein
des légions tchécoslovaques est tragique. L’armée s’enlise
en Sibérie dans l’attente des secours alliés qui tardent
et Štefánik, très vite, ordonne son repli du front.
Il quitte la Russie pour Paris le 20 janvier 1919 et
s’emploie à régler les querelles de compétence entre les
missions militaires française et italienne envoyées en
Tchécoslovaquie. Le 4 mai 1919, alors qu’il rejoignait
Bratislava, il meurt dans un accident d’avion. Envisageant
sa mort prochaine, il avait émis le souhait devant le
général Janin, que soit déposée dans sa tombe la réponse
de Stephen Pichon au sujet de sa nomination comme ministre
de la Guerre tchécoslovaque, tout en restant citoyen
français
https://journals.openedition.org/rha/6790

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