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Salade de bielles - Aéroforums

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Salade de bielles

de Jean Schreiber (04/06/2019 11:42:41)
en réponse à Si on continue à remonter dans le passé... de Jean Schreiber (25/05/2019 10:35:41)

Bonjour

Voici un premier survol des investigations,essentiellement dans la documentation ancienne (les grimoires), et sur la base de photos, qui, on va le voir, ne sont pas d'un très grand secours...

Tout d'abord, je confirme que le Gnome de 1914 a bel et bien ses biellettes positionnées pour qu'elles se retrouvent dans l'axe du cylindre au point mort haut correspondant à l'explosion. L'écart maximum est de 1°30'. Le positionnement des bielles dans cet objectif se retrouve chez Clerget, sachant que le Rhône et Anzani n'utilisent pas de dispositif à bielle maîtresse et n'entrent donc pas dans la comparaison.

Par contre, exception à cette règle, Salmson, dont les biellettes sont équidistantes sur le Z9 de 1917 (les autres Salmson de l'époque n'ont pas de bielle maîtresse).

Mais, contrairement à ce que l'on peut penser a priori (et moi le premier...), positionner les biellettes pour qu'elles soient dans l'axe du cylindre au PMH a son lot de conséquences néfastes. Les courses ne sont pas les mêmes que pour la bielle maîtresse (jusqu'à 4 mm de plus sur 140 pour le Gnome), et sont décalées dans les cylindre par rapport au cylindre de la bielle principale. Pour un rototo de l'époque, on pouvait s'en accommoder.

Pierre Clerget a bien identifié le problème et a proposé plusieurs solutions : décaler les biellettes soit de manière radiale (en les éloignat plus ou moins du cercle théorique), soit de manière angulaire. Je ne sais pas (encore) s'il a mis cela en application sur ses derniers moteurs rotatifs.

Si on saute dans le temps et qu'on se réfère à Raymond Marchal (1946, mais représentant l'état de l'art en 1939), on apprend après des pages de calculs que la seule disposition permettant d'avoir des courses identiques entre tous les cylindres est d'avoir l'angle des bielles secondaires identique à l'angle des cylindres ! Il précise que quasiment tous les moteurs en étoile obéissent à cette règle (G&R, Wright, P&W...), à l'exception du Hercule (sic !). Mais course égale ne signifie pas "au même endroit dans le cylindre" pour tout le monde, et des corrections sont à apporter, qui se font la plupart du temps par décalage radial.

Et pour identifier ce décalage (de l'ordre du millimètre, au plus de quelques-uns) sur une photo à l'angle plus artistique que technologique, c'est plutôt difficile ! Il faudrait des "dessins d'atelier" des bielles maîtresses, mais pour trouver ça, il faut se lever de bonne heure !

Mais, inconvénient majeur de la disposition à l'identique : les efforts latéraux sont nettement plus importants, et peuvent se traduire par une usure anormale des cylindres où l'obliquité des bielles est la plus importante.

Il y a quelques questions subsidiaires qui résultent de tout cela.

- Pourquoi les moteurs en V à bielle-biellette présentent un décalage angulaire ? Pour les plus anciens, sans doute parce que avoir la bielle dans l'axe était jugé important (efforts latéraux sur le piston, avec ovalisation accélérée si la bielle est décalée). Pour l'Hispano 12Y "d'avant le 31", je ne sais pas. Je vais continuer à chercher.

- Pour les rotatifs, l'explication des efforts latéraux peut aussi renter en ligne de compte, pour éviter d’aggraver une situation déjà délicate (la "force de raclage" d'un rotatif, en raison de la rotation des cylindres, est d'environ le double de celle d'un moteur fixe).

- Et pour le Hercules, j'aurais tendance à dire que le réalignement des biellettes était indispensable car des efforts latéraux plus importants auraient grippé les chemises louvoyantes.

Bien amicalement


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