En utilisant ces espaces, vous êtes réputé(e) avoir accepté les termes de notre règlement.


Air Fan n°481 Août - Septembre 2022 Missions

Services

Accueil

Sites adhérents

Aérostories

Aérobibliothèque

Outils

Mode d'emploi

Recherche

Règlement

  

Forums

Histoire

Technique

Aéronautique navale

Kits, ciné, BD

Actualité

Devinettes (Quizz)

Annonces & événements

Nouveau message

Contacts

Modération

Mirage IIIE Du Fieseler Fi 156 au Morane-Saulnier MS 500

retour au forum Histoire de l'aviation


Re:Re:Pierre Lyaudet, sergent-pilote C 56 – combat du 23 janvier 1917 dans les Monts de Champagne

de Philippe Bacquenois (24/09/2026 08:18:33)
en réponse à Re:Pierre Lyaudet, sergent-pilote C 56 – combat du 23 janvier 1917 dans les Monts de Champagne de Lucien Morareau (22/09/2026 19:45:47)

Bonjour,
Voici la biographie en cours consacrée à Pierre LYAUDET où j'ai intégré vos informations et je vous en remercie.

Sergent Pierre LYAUDET
Un brancardier devenu pilote à l'escadrille C 56



Photo de Pierre Lyaudet : La Guerre aérienne illustrée, n° 68, 28 février 1918, Gallica – BnF.

Pierre Lyaudet naît le 25 juin 1885 à Longecombe (Hauteville-Lompnes), dans l’Ain, au sein d’une famille du Bugey. Fils d’Alfred Lyaudet et de Lucie Pinguet, il s’installe ensuite à Lyon. Les documents ne donnent pas exactement la même indication concernant son activité professionnelle : sa fiche matricule le présente comme « marchand ambulant », tandis que la Base de données des personnels navigants ou au sol de l’aéronautique militaire au cours de la Grande Guerre indique « restaurateur » comme profession avant la mobilisation.
Pierre Lyaudet se marie en 1908 à Marie Marguerite Bal. Le couple a deux fils, Armand, né en 1909, et Lucien, né en 1913. Lorsque la guerre éclate, il est donc un homme marié et père de deux jeunes enfants.
Le 8 octobre 1906, il est incorporé au 133e Régiment d’infanterie comme soldat de 2e classe. Quelques mois plus tard, le 15 juin 1907, il devient soldat musicien, une fonction qui constitue la première particularité d’un parcours militaire qui connaîtra par la suite plusieurs changements d’affectation. Envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1908 avec un certificat de bonne conduite, il effectue ensuite deux périodes d’exercices au 133e RI, du 21 août au 16 septembre 1911, puis du 14 au 30 mai 1913.
Le décret de mobilisation générale du 1er août 1914 bouleverse cette vie familiale et professionnelle. Pierre Lyaudet rejoint son corps dès les premiers jours de la mobilisation : sa fiche matricule indique qu’il arrive au régiment le 3 août 1914. Il commence la guerre dans les formations de brancardiers, comme le rappellera quelques années plus tard La Guerre aérienne illustrée.
Mais son parcours militaire ne va pas rester celui d’un fantassin. Le 28 février 1916, il passe à l’aviation comme élève-pilote. Il obtient quelques mois plus tard son brevet de pilote militaire n° 3767, à l’école d’aviation de Buc, le 23 juin 1916. Le 22 juillet, son brevet est homologué par l’Aéro-Club de France, qui lui attribue le brevet civil n° 3986, obtenu sur Caudron.
Cette nouvelle activité semble rapidement lui apporter un enthousiasme que ses lettres traduisent. La Guerre aérienne illustrée, dans son numéro du 28 février 1918, raconte qu’après avoir commencé la campagne dans les brancardiers, il rejoint une escadrille à l’automne 1916. Il y accomplit de nombreux réglages et des missions photographiques et fait part, dans ses lettres, de la joie qu’il éprouve à effectuer ses premières sorties au-dessus des lignes.
Le 24 octobre 1916, Pierre Lyaudet est affecté à l’escadrille C 56, escadrille d’observation rattachée au 17e Corps d’armée. Il vole sur Caudron et participe aux missions d’observation et de photographie aérienne. Son observateur est le sous-lieutenant « Jean » Pierre Colle, avec lequel il forme désormais l’un de ces équipages dont le travail consiste à recueillir, depuis le ciel, les renseignements nécessaires aux opérations terrestres.
Entre-temps, sa progression dans la hiérarchie militaire s’est poursuivie. Il est nommé caporal le 7 août 1916, puis sergent le 21 décembre 1916. Il n’est donc sergent que depuis quelques semaines lorsqu’il accomplit sa dernière mission. La citation qui sera publiée après sa mort le décrit comme un « excellent pilote, arrivé depuis peu à l’escadrille », qui s’est immédiatement distingué par « ses qualités de pilote, son entrain et son courage calme et réfléchi ».
Le 23 janvier 1917, Pierre Lyaudet et Jean-Pierre Colle effectuent une mission photographique au-dessus du front de Champagne. La fiche matricule indique que Lyaudet est alors « porté disparu […] dans les lignes ennemies entre Moronvilliers et le mont Sans Nom », après avoir été « attaqué au cours d’une mission photographique par cinq avions allemands ».
La citation publiée au Journal officiel confirme cette circonstance :
« Le 23 janvier 1917, attaqué par cinq avions ennemis, n'a succombé qu'après une lutte très acharnée. »
La Guerre aérienne illustrée donne toutefois un chiffre différent et évoque six avions. Cette divergence entre les sources doit être conservée. Toutes s’accordent néanmoins sur le déroulement général : au cours d’une mission photographique, l’appareil de Lyaudet et Colle est attaqué et disparaît dans les lignes allemandes.
La localisation de ce combat présente un intérêt particulier pour l’histoire des Monts de Champagne. La fiche matricule situe la disparition entre Moronvilliers et le Mont Sans Nom. Une fiche de la Croix-Rouge concernant Jean-Pierre Colle porte de son côté une indication allemande : « Gefallen 23.1.17 westl. St. Martin », soit « tombé le 23 janvier 1917 à l’ouest de Saint-Martin ». Cette mention rapproche ainsi le dernier vol des deux aviateurs du secteur de Saint-Martin-l’Heureux.
Une autre piste conduit à l’aviateur allemand Hartmuth Baldamus. Dans les listes de ses victoires figure, le 23 janvier 1917 à 16 h 35, un Caudron abattu « à l’ouest de Saint-Martin ». La concordance entre la date, le lieu et le type d’appareil est particulièrement intéressante. Elle ne permet cependant pas encore d’affirmer que cette victoire correspond à l’appareil de Lyaudet et de Colle. Tant que le CCC ou le JMO de la C 56 n’aura pas permis d’identifier avec certitude l’équipage concerné, cette attribution doit rester une hypothèse.
Après la disparition de l’appareil, le sort de Pierre Lyaudet demeure incertain. Sa fiche matricule le donne comme disparu dans les lignes ennemies et précise qu’il est considéré comme prisonnier de guerre. Une fiche de la Croix-Rouge confirme son appartenance à la C 56 et porte la mention : « Pilote. Esc. C. 56. » Son dossier fait l’objet d’une enquête, qui sera finalement déclarée terminée, tandis que la famille est informée quelques mois plus tard. La fiche matricule précise également que sa mort a été signalée sur une liste officielle allemande transmise par le ministère des Affaires étrangères.
Une autre fiche d’origine allemande semble porter la mention « Beerd. Friedhof Pont Faverger », indiquant une inhumation au cimetière de Pontfaverger. Cette indication est particulièrement intéressante pour tenter de reconstituer le parcours de sa dépouille, mais elle doit encore être vérifiée. Le nombre 1109 qui figure sur le document pourrait correspondre à une référence administrative ou à un numéro de tombe, sans qu’il soit possible de l’affirmer à ce stade.
Le dossier de Pierre Lyaudet présente également une difficulté concernant la date de son décès. La fiche matricule porte la mention « Mort pour la France le 23 janvier 1917 (prisonnier de guerre) » et précise que le décès a été fixé à cette date par un jugement déclaratif de décès rendu par le Tribunal civil de Lyon, puis transcrit le 10 août 1921 à la mairie de Villeurbanne. C’est également le 23 janvier 1917 qui figure sur sa tombe à la nécropole nationale de Sommepy-Tahure.
La citation publiée au Journal officiel le 21 octobre 1920 apporte cependant une autre information : « Est mort des suites de ses blessures, le 2 février 1917, en territoire occupé. » Il convient donc de conserver ces deux informations sans chercher à les faire artificiellement coïncider. Pierre Lyaudet est blessé et porté disparu le 23 janvier ; la citation militaire indique qu’il meurt des suites de ses blessures le 2 février en territoire occupé, tandis que le jugement déclaratif fixe juridiquement son décès au 23 janvier 1917.
La disparition de Pierre Lyaudet a également des conséquences dramatiques pour sa famille. Son épouse, Marie Marguerite Bal, se retrouve seule avec leurs deux fils, Armand, âgé de huit ans, et Lucien, âgé de quatre ans. Le 23 juin 1918, alors que la guerre n’est pas encore terminée, un jugement du Tribunal de Lyon prononce leur adoption par la Nation. Cette décision rappelle concrètement que derrière la disparition du pilote se trouve aussi le destin d’une famille directement frappée par la guerre.
La citation officielle conserve finalement l’image d’un pilote dont les qualités avaient été rapidement remarquées. Elle le décrit comme un « excellent pilote », distingué par « son entrain et son courage calme et réfléchi », avant de rappeler son dernier combat contre les avions ennemis. Parti de l’infanterie, passé par la musique régimentaire puis les brancardiers, Pierre Lyaudet avait en quelques années changé plusieurs fois de fonction avant de devenir pilote d’une escadrille d’observation.
Le portrait publié dans La Guerre aérienne illustrée le 28 février 1918 donne enfin un visage à cet homme dont les documents militaires ne conservent souvent que les grades, les dates et les numéros. Le journal évoque son enthousiasme pour ses premières missions et les lettres dans lesquelles il racontait ses débuts dans l’aviation. Derrière le sergent-pilote de la C 56 se trouvait aussi un mari et un père de deux jeunes garçons, dont le destin sera à son tour marqué par sa disparition.
Le parcours de Pierre Lyaudet présente ainsi une succession peu ordinaire : soldat du 133e Régiment d’infanterie en 1906, soldat musicien en 1907, mobilisé en 1914, passé par les brancardiers, élève-pilote en 1916, pilote breveté à Buc, puis sergent de l’escadrille C 56. Le 23 janvier 1917, au cours d’une mission photographique, son appareil disparaît entre Moronvilliers et le mont Sans-Nom.
Les documents allemands rapprochent cette disparition de l’ouest de Saint-Martin, tandis qu’une victoire attribuée à Hartmuth Baldamus est enregistrée le même jour dans ce secteur. Le rapprochement est suffisamment précis pour constituer une piste de recherche, sans permettre encore d'en faire une certitude. Quant au sort de sa dépouille, la mention d'une inhumation à Pontfaverger ouvre une autre piste avant son transfert à la nécropole nationale de Sommepy-Tahure.
Sur sa tombe, quelques mots résument finalement son dernier état militaire :
LYAUDET Pierre
Sergent
7e S.I.M.
Mort pour la France
23.01.1917
Tombe 674


Derrière cette inscription se dessine le parcours singulier d’un homme qui, après avoir commencé la guerre dans les rangs de l’infanterie et des brancardiers de la 7e S.I.M., était devenu pilote de l’escadrille C 56, avant de disparaître dans le ciel des Monts de Champagne, laissant derrière lui son épouse et ses deux jeunes fils, Armand et Lucien.

Réponse :
Sujet :
Prénom et Nom :
E-mail :
Txt
Image :
M'avertir des réponses

Ze forum v.4.0.6pg, PHP/SQL par Franck Mée.