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Les héros de Bagdad, tome 3 Air Fan n°481 Août - Septembre 2022

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Re:Re:Re:Re:2 septembre 1916 – Gabriel Berthin et Charles Ramponi – Caudron G.4 – Saint-Souplet-sur-Py

de Philippe Bacquenois (09/10/2026 06:59:31)
en réponse à Re:Re:Re:2 septembre 1916 – Gabriel Berthin et Charles Ramponi – Caudron G.4 – Saint-Souplet-sur-Py de Lucien Morareau (07/10/2026 21:23:48)

Bonjour,
Je vous remercie pour les recherches effectuées et les informations que vous m’avez communiquées.

Ne réalisant que des biographies d’aviateurs morts pour la France dans le secteur des Monts de Champagne pendant la Première Guerre mondiale, j’ai rédigé une biographie de Charles Ferdinand Ramponi, dans laquelle j’ai également intégré les éléments concernant le capitaine Gabriel Berthin.
Je joins la biographie.

Charles Ferdinand RAMPONI
Artiste peintre devenu sergent mitrailleur de l’escadrille C 64

Portrait Charles Ferdinand Ramponi en uniforme du 53e bataillon de chasseurs.
Source : rampony.ch, photographie attribuée par ce site à un article de Mario Cattaneo.

Charles Ferdinand Ramponi naît le 14 décembre 1884 aux Abrets, dans l’Isère. Il est le fils de Jean Ramponi, né à Castel Monteggio, dans le canton du Tessin, en Suisse, entrepreneur, peintre et plâtrier, et d’Eugénie Louise Joséphine Martin, née aux Abrets. Il a deux sœurs aînées, Anne Marie, née en 1880, et Nathalie Thérèse, née en 1882.
La famille Ramponi entretient des liens étroits avec le Tessin. En 1906, Charles-Ferdinand, alors âgé de 21 ans, réside à Monteggio, en Suisse, où son père déclare vouloir répudier, en son nom, la qualité de Français. Le Journal officiel du 20 mars 1915 le présente toutefois comme un « sujet italien, naturalisé Français au moment de la déclaration de guerre » et précise qu’il a quitté l’Italie, où il vivait, pour s’engager dans l’armée française.
Très tôt attiré par les arts, Charles Ferdinand Ramponi devient peintre et s’inscrit dans le mouvement divisionniste italien. À Milan, il fréquente le milieu artistique réuni autour d’Alberto Grubicy et rencontre, au printemps 1907, le peintre Carlo Zanon. Son œuvre, profondément liée à la montagne, puise son inspiration dans les paysages de Valtellina, notamment à Oga, les villages alpins, les pâturages, les glaciers et les travaux agricoles. Il pratique également la sculpture, réalisant notamment des œuvres en bronze. Son tableau La raccolta del fieno – Paesaggio con figure, peint vers 1908-1909, est aujourd’hui conservé à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea de Rome. Après sa mort, Alberto Grubicy organise en 1921 une rétrospective de son œuvre à Paris. La presse artistique française le présente alors comme l’un des rares disciples de Segantini et de Previati.

Lorsque la guerre éclate en août 1914, Ramponi quitte le pays où il réside et choisit de s’engager dans l’armée française. Le Journal officiel de la République française du 20 mars 1915 précise qu’il est alors engagé pour la durée de la guerre, caporal au 53e bataillon de chasseurs à pied. Il s’est engagé comme volontaire alors qu’il était considéré comme sujet étranger. Dès le début de la campagne, il se distingue par plusieurs actes de courage.
Le 21 janvier 1915, au cours d’une attaque à la baïonnette, alors qu’un ennemi surgit à courte distance de la tranchée occupée par sa section, Ramponi demande à un camarade de le remplacer sur un emplacement situé à l’extérieur de la tranchée, afin de pouvoir mieux tirer. Sous un feu violent, il utilise successivement les fusils chargés que lui tendent ses camarades et abat un grand nombre d’Allemands qui tentent de se retrancher. Il met finalement les survivants en fuite en criant à sa section : « Allons la section, en avant, à la baïonnette. » Ce fait d’armes lui vaut la Médaille militaire, dont l’attribution est publiée au Journal officiel du 20 mars 1915.
Après avoir été blessé à plusieurs reprises dans l’infanterie, Ramponi se tourne vers l’aviation. Il fréquente l’école de tir aérien de Cazaux jusqu’au 8 février 1916, puis rejoint l’escadrille C 64 le 29 février comme mitrailleur. Cette fonction est confirmée par plusieurs documents : une citation à l’ordre de la IVe Armée du 12 juillet 1916 le désigne comme « Sergent Ramponi, Ferdinand, mitrailleur à l’Esc. C 64 », tandis que les documents relatifs à son dernier vol le donnent également comme mitrailleur.
À l’escadrille C 64, Ramponi vole notamment avec le sergent Fernand Roger, pilote. L’Auto-Vélo du 15 décembre 1916 rapporte qu’ils ont effectué de nombreuses missions à l’intérieur des lignes allemandes. Au cours de deux bombardements à longue distance, les 2 et 6 juillet 1916, ils accompagnent notamment un avion français endommagé, le protégeant pendant son trajet de retour en écartant les appareils ennemis. La citation à l’ordre de la IVe Armée indique qu’au cours de ces missions, ils ont livré quatre combats et abattu un avion allemand dans les lignes adverses.
Le pilote qui accompagne Ramponi lors de sa dernière mission est le capitaine Jules Gabriel Berthin, né le 28 novembre 1883 à Ajaccio. Officier du 3e régiment d’artillerie lourde, il est breveté pilote militaire n° 895 le 4 mai 1915 et breveté ACF le 19 avril 1915 sur Blériot. Il sert notamment aux escadrilles 17 et C 64. Il prend le commandement de l’escadrille C 64 le 24 février 1916, fonction qu’il exerce jusqu’à sa capture le 2 septembre suivant.
Sa carrière de pilote est déjà marquée par plusieurs faits de guerre. Une citation à l’ordre de la Ire Armée du 29 juin 1915 le qualifie d’« officier aviateur d’élite » et rappelle notamment qu’il fut blessé lors d’un accident d’atterrissage le 26 janvier 1915, au retour d’une chasse contre un avion allemand. Elle mentionne également plusieurs appareils qu’il pilotait atteints par des éclats d’obus.
Une nouvelle citation, à l’ordre de la Ire Armée du 9 février 1916, le présente comme un « pilote très sûr », doué d’un « sang-froid et d’une bravoure exceptionnelle ». Elle souligne ses reconnaissances difficiles, ses attaques de ballons captifs en septembre et octobre 1915 et les combats livrés contre des avions ennemis au cours de ces expéditions. Gabriel Berthin est nommé au grade de capitaine de réserve par décret du 5 juillet 1916.
Le 2 septembre 1916, Gabriel Berthin prend le commandement d’une patrouille et engage le combat contre une formation ennemie très supérieure en nombre. Une citation à l’ordre de l’Aéronautique du 21 septembre 1916 rapporte qu’il lui tient tête jusqu’au moment où les gouvernes de son appareil sont coupées. Le Caudron G 4 n° 1574 tombe alors désemparé dans les lignes ennemies, sur le territoire de Saint-Souplet-sur-Py. Ramponi est tué tandis que Gabriel Berthin est fait prisonnier.
Une liste de prisonniers conservée dans les archives historiques du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), sous la référence P 46047 et datée du 16 septembre 1916, précise que Berthin, capturé le 2 septembre à Saint-Souplet, est interné au camp de Gütersloh. Il passe le reste de la guerre en captivité. Après la guerre, il poursuit sa carrière militaire ; selon les informations communiquées par Lucien Morareau, il atteint le grade de lieutenant-colonel.
Porté disparu à l’issue de cette mission, Charles Ferdinand Ramponi est finalement reconnu Mort pour la France. Un document administratif militaire indique qu’il a été « tué à l’ennemi » le 2 septembre 1916 à Saint-Souplet (Marne). Son décès a été établi par jugement du Tribunal de Bourgoin rendu le 8 décembre 1920 et transcrit le 22 décembre 1920 aux Abrets.
Charles Ferdinand Ramponi est inhumé à la nécropole nationale de Sommepy-Tahure, dans la Marne, tombe n° 1343. Sa plaque porte la mention : « RAMPONI Charles Ferdinand – Sergent Mitrailleur – 2e Gr. Aviation – MORT POUR LA FRANCE le 02.09.1916 ».
Ainsi disparaît, le 2 septembre 1916, un artiste dont la carrière commençait à être reconnue dans le milieu du divisionnisme italien. Peintre et sculpteur attaché aux paysages alpins, Ramponi choisit de s’engager dans l’armée française et devient sergent mitrailleur de l’aviation. Son parcours, de l’infanterie au 53e bataillon de chasseurs puis à l’escadrille C 64, témoigne de son engagement. Son œuvre, interrompue à l’âge de 31 ans, fera l’objet d’une reconnaissance posthume, notamment avec la rétrospective organisée à Paris en 1921.

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