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Ciels de combat Les Ailes n°6, octobre-novembre-décembre 2022

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Re:Re:Recherche Yves LE COZ et Marius Jules Paul GRILLIÈRE – Escadrille C 64

de Philippe Bacquenois (13/10/2026 08:57:21)
en réponse à Re:Recherche Yves LE COZ et Marius Jules Paul GRILLIÈRE – Escadrille C 64 de Lucien Morareau (09/10/2026 07:55:42)

Bonjour à tous,

Je remercie Monsieur Morareau pour son aide qui me permet à chaque fois de compléter mes biographies.

Vous trouverez ci-dessous la biographie du lieutenant Yves LE COZ. Ce texte reste provisoire et sera complété au fur et à mesure de l’avancement des recherches, certains éléments n’ayant pas encore pu être formellement établis.

Bien cordialement,

Lieutenant Yves Marie Joseph LE COZ

Pilote et commandant de l’escadrille C 64 — Mort pour la France le 1er janvier 1917



Portrait Yves Marie Joseph LE COZ

 

Né le 3 avril 1889 à Lorient, dans le Morbihan, Yves Marie Joseph Le Coz est le fils de Joseph Louis Aimé Le Coz et d’Aline Marie Magdeleine Reine Canivet. Élève intelligent, mais dont la conduite est décrite comme assez irrégulière dans un document scolaire conservé aux Archives départementales de Loire-Atlantique, il fréquente d’abord l’École nationale professionnelle de Nantes, avant de poursuivre ses études au lycée d’Évreux, où son père avait enseigné.

Le 3 mai 1909, il s’engage volontairement pour cinq ans à Rennes et rejoint le 19e régiment de chasseurs. Il sert ensuite au 3e régiment de chasseurs, où il gravit rapidement les échelons : brigadier en 1909, puis maréchal des logis et maréchal des logis fourrier. Son parcours militaire est marqué par plusieurs citations, notamment à l’ordre du régiment le 2 septembre 1914 et à l’ordre du corps d’armée le 15 janvier 1915.

Le 1er avril 1915, il rejoint l’aéronautique militaire comme élève pilote. Après une formation à l’école d’aviation militaire de Pau, il obtient son brevet de pilote militaire, n° 1136, le 2 juillet 1915. Selon les renseignements communiqués par Lucien Morareau, il obtient également le brevet de l’Aéro-Club de France (ACF) n° 2144, le 12 juillet 1915, sur un appareil Blériot. Ces deux brevets constituent des étapes distinctes de son parcours aéronautique.

Les documents retraçant ses affectations indiquent qu’il est versé sur Maurice Farman le 19 juillet 1915, puis qu’il repasse sur Caudron le 1er août, sur ordre verbal du capitaine de Geyer. Cette chronologie diffère d’autres sources, qui mentionne un premier passage sur Morane-Saulnier. Ce point reste donc à éclaircir à partir des registres de formation et d’affectation.

Le 3 septembre 1915, il est porté comme partant pour l’escadrille C.64. Le registre de cette unité indique que sa prise en compte effective intervient le 16 septembre 1915. Affectée à la IVe Armée, l’escadrille participe aux missions de reconnaissance, de protection et de bombardement. Le Coz s’y distingue progressivement par son courage, son sang-froid et ses qualités de pilote.

Une citation publiée au Journal officiel du 25 mai 1916 revient sur un combat aérien du 8 mars précédent. Alors qu’il protège une reconnaissance au-dessus des lignes allemandes, Le Coz se retrouve entouré de plusieurs avions ennemis. Il attaque l’un d’eux avec résolution, le contraint à se retirer et oblige les autres à garder leurs distances, bien que son appareil soit atteint par plusieurs balles. Cette citation souligne son allant, son énergie et son sang-froid.

Promu lieutenant le 1er juin 1916, il prend la tête de l’escadrille C.64 après la capture de Gabriel Berthin, le 2 septembre 1916. Une citation prenant rang du 22 septembre, publiée au Journal officiel du 28 octobre, rend hommage à son engagement et à ses qualités de commandement. Elle mentionne plusieurs missions nocturnes menées loin derrière les lignes allemandes, notamment un raid de plus de 120 kilomètres, le 12 août 1916, pour bombarder une gare importante. Elle souligne également la direction des bombardements nocturnes exécutés par son escadrille les 12 et 14 septembre. Le texte précise qu’il avait déjà été cité trois fois à l’ordre.

Le 21 septembre 1916, Yves Le Coz est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Son parcours témoigne désormais autant de ses qualités de pilote que des responsabilités qu’il exerce à la tête de son unité.

Le 1er janvier 1917, Yves Le Coz disparaît au cours d’une mission de l’escadrille C.64 contre les positions allemandes, avec le sous-lieutenant Marius Jules Paul Grillière, son observateur. Le faire-part familial situe leur chute à Saint-Hilaire-le-Petit, au retour d’un bombardement.

Quelques mois plus tard, le 21 juin 1917, La Guerre aérienne illustrée publie un récit détaillé de cette journée. L’article présente Le Coz comme le chef d’une escadrille chargée de mitrailler les tranchées de Navarin et les cantonnements allemands de Dontrien. Il rapporte que son avion, atteint en vol, se met en descente piquée tandis qu’une flamme s’échappe du réservoir gauche. L’appareil s’écrase ensuite au sol et s’embrase. Selon une information publiée par Albin Denis, leur appareil aurait été abattu par la Flakzug 1 de la 3e Armée allemande, c’est-à-dire une unité d’artillerie antiaérienne.

Par un ordre du 8 janvier 1917, une citation rend hommage à Le Coz à titre posthume : « Chef d’escadrille d’une haute valeur morale, a su exalter au plus haut point le courage, l’énergie et la volonté de ses subordonnés. » Elle conclut qu’il a trouvé une mort glorieuse au cours d’une mission aérienne. Le texte est publié de nouveau au Journal officiel du 22 juin 1917, avec une citation distincte consacrée à son observateur, Marius Grillière.

Le faire-part de décès mentionne la Croix de guerre avec cinq citations, ainsi que la Légion d’honneur. Cette indication concorde avec la chronologie des récompenses, même si toutes les citations antérieures à septembre 1916 ne sont pas encore identifiées dans les documents réunis.

Après leur disparition, les deux aviateurs furent inhumés au cimetière militaire de l’artillerie allemande de Saint-Clément à Arnes, dans les Ardennes. Une fiche nominative relative à Marius Grillière porte la mention « Enseveli le 4.1.17 à St-Clément ». Un autre relevé de sépulture associe le lieutenant Grillière à la tombe n° 10 et mentionne également à ses côtés un « inconnu français aviateur ». Compte tenu de la disparition commune des deux hommes le 1er janvier 1917 et l’inhumation dans la même tombe, il est plus que probable que cet aviateur inconnu soit Yves Le Coz.

Selon les informations familiales disponibles, le corps d’Yves Le Coz fut ensuite rapatrié à Lorient en février 1923, au cimetière de Carnel.

Yves Marie Joseph Le Coz laisse le souvenir d’un officier pilote qui, après s’être distingué dans les combats aériens, s’affirma comme chef d’escadrille. Les citations officielles rendent hommage à son courage au combat, à son engagement dans les missions de bombardement et à l’influence qu’il exerçait sur ses hommes.

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