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Re:Re:Re:Escadrille C 64 – André Jouanny et Marc Florentin, disparus au-dessus des lignes allemandes le 24 août 1916

de Philippe Bacquenois (26/10/2026 16:25:29)
en réponse à Re:Re:Escadrille C 64 – André Jouanny et Marc Florentin, disparus au-dessus des lignes allemandes le 24 août 1916 de Philippe Bacquenois (23/10/2026 09:39:56)

Bonjour,
vous trouverez ci-joint la petite biographie d'andré Jouanny. Savez-vous s'il existe un portrait ou une photo d'André Jouanny.
Encore Merci pour les infos. Bien à vous

André JOUANNY
Sergent pilote de l’escadrille C 64
Mort pour la France le 24 août 1916 à Pontfaverger (Marne)


Classe : 1916
Bureau de recrutement : Montluçon (Allier)
Matricule au recrutement : 2001
Brevet de pilote : n° 2510, obtenu le 26 janvier 1916

André Jouanny naît le 19 décembre 1896 à Châteauroux, dans l’Indre. Il est le fils de François Jouanny et de Louise Demoulin, domiciliés à Montluçon, dans l’Allier. Avant son incorporation, il exerce la profession de dactylographe.
Il rejoint son corps le 10 avril 1915, en qualité de soldat de 2ᵉ classe. Affecté au 1er groupe d’aviation le 16 juillet 1915, il est désigné comme élève pilote à l’école d’aviation d’Avord le 30 août suivant.
Selon les renseignements communiqués par M. Lucien Morareau, il obtient son brevet de pilote n° 2510 le 26 janvier 1916. Nommé caporal le 1er février 1916, il est promu sergent à compter du 15 juillet 1916, comme l’atteste sa fiche matricule. Il sert alors au sein de l’escadrille C 64, rattachée au 2ᵉ groupe d’aviation.
Son activité opérationnelle est attestée dès l’été 1916. Une citation à l’ordre du service aéronautique de la IVᵉ Armée, datée du 12 juillet 1916, le qualifie de « jeune pilote ardent et courageux ». Elle mentionne sa participation, les 2 et 6 juillet, à deux bombardements à grande distance, dont l’un à plus de 70 kilomètres à l’intérieur des lignes ennemies. Au cours de l’une de ces missions, il aurait livré combat à un avion allemand qu’il aurait contraint à abandonner la lutte.
Le 24 août 1916, André Jouanny participe à une mission au-dessus des lignes allemandes, aux commandes d’un Caudron G.4. Il est accompagné de l’aspirant Marc Charles Albert Florentin, chargé de l’observation.
Selon une notice consacrée à cette mission, les quatre Caudron G.4 de l’escadrille C 64 auraient livré deux combats contre des appareils allemands. Touché au cours de l’engagement, l’avion de Jouanny et Florentin, identifié dans cette source comme le Caudron G.4 n° C 1309, aurait été contraint d’atterrir en territoire occupé, au nord-est de Prosnes. Trois photographies de la carcasse de l’appareil, prises par des soldats allemands, sont consultables sur le site d’Albin Denis, dans la page consacrée à l’escadrille C 64 : Escadrille C 64 – Albin Denis. Ces clichés constituent un témoignage iconographique de l’état de l’avion qui semble relever d’une chute ou d’un atterrissage extrêmement brutal.
La fiche matricule d’André Jouanny indique qu’il n’est pas rentré de cette mission, effectuée le 24 août 1916 à 12 h 30, et qu’il a été vu atterrissant dans les lignes ennemies, dans la région de Moronvilliers. Il est d’abord porté disparu, puis déclaré tué à l’ennemi le 24 août, selon un avis officiel du 19 septembre 1916.
Les documents allemands apportent une précision importante sur les circonstances de sa mort. Une fiche le concernant indique qu’il est décédé le 24 août 1916 au Feldlazarett 2, l’hôpital de campagne n° 2 du IIIᵉ corps d’armée allemand, à Pont-Faverger. Elle mentionne également son inhumation au cimetière militaire de cette localité et précise que son décès est lié à des blessures.
Son compagnon de vol, Marc Florentin, survit à la chute de l’appareil. Les documents allemands le signalent blessé, puis prisonnier. Son parcours après l’atterrissage fait l’objet d’une recherche distincte, une biographie lui est consacrée.
Le décès d’André Jouanny fait l’objet d’un jugement déclaratif rendu à Montluçon le 3 mai 1918, transcrit le 4 juin suivant.
La bravoure d’André Jouanny et son dévouement au cours de ses missions sont reconnus à titre posthume. Le Journal officiel du 19 novembre 1920, page 19613, publie son attribution de la Médaille militaire, accompagnée de la citation suivante :
« JOUANNY (André), mle 3816, sergent : brave sous-officier, pilote d’un dévouement absolu. Le plus bel exemple en toutes circonstances. Mort glorieusement pour la France, le 24 août 1916, des suites de blessures reçues en combat aérien. Croix de guerre avec étoile d’argent.»
Cette citation officielle rend hommage au courage du sergent pilote, mort des suites de ses blessures le 24 août 1916, après sa dernière mission au-dessus des lignes allemandes. Elle confirme également l’attribution de la Croix de guerre avec étoile d’argent. Le matricule 3816 mentionné dans le Journal officiel est son matricule au corps, distinct de son matricule de recrutement, le 2001, attribué par le bureau de Montluçon.
Le parcours d’André Jouanny peut ainsi être reconstitué grâce au croisement de sa fiche matricule, des documents allemands, des citations militaires et des chronologies aéronautiques. Entré dans l’aviation en 1915, breveté pilote en janvier 1916 et engagé dans les missions de bombardement de la IVᵉ Armée, il meurt à dix-neuf ans, le 24 août 1916, après la chute de son appareil dans les lignes allemandes, sur le front de Champagne.


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