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Re:Re:Escadrille C 64 – André Jouanny et Marc Florentin, disparus au-dessus des lignes allemandes le 24 août 1916
de Philippe Bacquenois (26/10/2026 16:36:55)
en réponse à Re:Escadrille C 64 – André Jouanny et Marc Florentin, disparus au-dessus des lignes allemandes le 24 août 1916 de *Bertrand H* (21/10/2026 14:54:33)
Bonjour,
Voici une courte biographie de Marc Florentin, savez vous si un portrait ou une photo existe de Marc Florentin dans une tenue militaire?
Bonne journée.
Marc Charles Albert FLORENTIN
Aspirant observateur de l’escadrille C 64
Blessé grièvement et fait prisonnier le 24 août 1916 à Pontfaverger (Marne)
Classe : 1912
Bureau de recrutement : Toul (Meurthe et Moselle)
Matricule au recrutement : 715
Marc Charles Albert Florentin naît le 7 juin 1892 à Forcelles-Saint-Gorgon, dans le département de Meurthe-et-Moselle. Il est le fils d’Aimé Albert Charles Florentin et de Marie Pélagie Aline Mougenot. Sa fiche matricule, établie sous le numéro 715 au bureau de recrutement de Toul en Meurthe-et-Moselle, indique qu’il réside à Vézelise, dans le même département. Étudiant, il possède un degré d’instruction de niveau 5, avec la mention « Bacc. Philosophie ».
Au début de la Première Guerre mondiale, Marc Florentin sert dans l’infanterie avec le grade d’aspirant, à la 4ᵉ compagnie du 82ᵉ régiment d’infanterie. Son témoignage personnel, extrait de son dossier militaire et transmis par Bertrand H., membre du site Aéroforums, permet de connaître précisément les circonstances de sa première blessure :
« 14 mars 1915, 7h30, côte 263 en Argonne, éclatement d’un crapouillot ennemi à moins d’un mètre de moi au moment où nous préparions une attaque. Fracture compliquée de la main droite, large perte de substance osseuse. Contusions à la cuisse droite. Inapte au service de l’infanterie et de la cavalerie (Commission des 3 médecins le ? août 1915, au dépôt du 82ème RI. Passé sur ma demande dans l’aviation. »
Il rejoint l’escadrille C 64 en qualité d’aspirant observateur. Un article de presse consacré à son parcours, indique qu’il reçoit une citation à l’occasion d’un raid aérien le 18 mars 1916. Le même article souligne son courage comme observateur et mentionne sa participation à des missions de bombardement les 2, 6, 11 et 20 juillet 1916.
Le 24 août 1916, Marc Florentin prend place à bord d’un Caudron G.4, portant le N° C 1309, piloté par le sergent André Jouanny, de l’escadrille C 64. Dans son témoignage, Marc FLORENTIN rapporte :
« 24 août 1916, 10h et demie, région de Pontfaverger (En Champagne). Combat contre plusieurs ennemis à 12 kms dans leurs lignes. Mon pilote est tué d’une balle au foie et la queue de notre appareil est sectionnée. Descente à la verticale au cours de laquelle je perdis connaissance. Contusions sur tout le corps. Je suis resté évanoui pendant plus de trois jours. »
Les circonstances de ce combat sont rappelées par une citation à l’ordre de l’armée publiée au Journal officiel de la République française du 10 février 1920, page 2096 :
« FLORENTIN (Marc-Charles), sous-lieutenant à l’escadrille C 64 : officier observateur très brave. Le 24 août 1916, a soutenu un combat très dur contre plusieurs avions ennemis, combat au cours duquel son pilote ayant été tué, il est tombé blessé dans les lignes ennemies. »
Cette citation officielle confirme le courage de Marc Florentin, la mort de son pilote et sa chute blessé dans les lignes ennemies. Elle constitue une source complémentaire à son témoignage personnel, rédigé dans le cadre de son dossier.
Trois photographies de la carcasse de l’appareil, prises par des soldats allemands, sont consultables sur le site d’Albin Denis, dans la page consacrée à l’escadrille C 64 : Escadrille C 64 – Albin Denis. Ces clichés constituent un témoignage iconographique de l’état de l’avion après sa chute.
Marc Florentin est pris en charge par les Allemands dans le secteur de Pont-Faverger. Les documents allemands relatifs à sa captivité mentionnent une fracture du crâne (Schädelbruch) et une commotion cérébrale (Gehirnerschütterung) consécutives à la chute de l’avion (Absturz mit Flugzeug). Une liste d’hospitalisation datée du 20 septembre 1916, référence P 46320, le désigne sous le nom de « FLORENSTEIN Max », avec le grade d’aspirant et la mention de l’escadrille C 64. Cette graphie diffère de son identité établie dans les autres documents.
Les archives du Comité international de la Croix-Rouge relatives aux prisonniers de la Première Guerre mondiale permettent de suivre plusieurs étapes de son parcours après sa prise en charge par les Allemands. Les fiches retrouvées, notamment les références P 46360, P 46887, P 46964, P 60712 et P 66202, mentionnent les hôpitaux de campagne de Pont-Faverger et de Rethel, puis les camps de prisonniers de Giessen, Meschede et Soltau. La chronologie précise de ces hospitalisations et transferts reste à établir.
Le Journal officiel de la République française du 15 octobre 1920 publie également les motifs d’une distinction dans l’ordre de la Légion d’honneur. Marc-Charles-Albert Florentin y est présenté comme un « excellent officier, modèle de bravoure et d’énergie ». Le texte rappelle sa première blessure dans l’infanterie, alors qu’il conduisait sa section à l’assaut, puis son passage dans l’aviation comme observateur, où il s’est distingué au cours de missions de bombardement particulièrement périlleuses. La notice récapitule son bilan militaire : deux blessures et quatre citations.
Après la guerre, Marc Charles Albert Florentin épouse Suzanne Victorine Dubost à Nancy, le 21 avril 1920. Le couple aura deux enfants. Dans le compte rendu publié le lendemain du mariage, L’Est républicain présente la mariée comme « la gracieuse artiste et lettrée ». Cette formule témoigne de la considération dont elle bénéficie dans le milieu évoqué par le journal, sans permettre à ce jour de déterminer précisément ses activités artistiques ou littéraires.
Sa carrière professionnelle de Marc Florentin évolue après le conflit. Alors qu’il est encore étudiant au moment de son recensement militaire, il exerce ensuite la profession de négociant, mentionnée en décembre 1921 lors de la naissance de son fils Jacques-Charles. Il devient par la suite journaliste au Républicain Lorrain, puis dirigeant d’une entreprise de publicité. Les dates exactes de ces différentes étapes professionnelles restent à préciser.
Marc Charles Albert Florentin décède le 24 février 1978 à Vézelise, en Meurthe-et-Moselle, à l’âge de 85 ans. Son parcours témoigne d’une expérience militaire marquée par deux blessures, des missions aériennes périlleuses, un combat au cours duquel son pilote trouve la mort, puis une captivité en Allemagne. Après la guerre, il reprend une vie civile et exerce plusieurs professions dans le commerce, la presse et la publicité.
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