Au début du siècle dernier, la transfusion sanguine était le geste chirurgical complexe d’un médecin-savant isolé dans son laboratoire-hôpital stérile. Quarante ans plus tard, des dizaines de milliers d’infirmiers et d’infirmières militaires sous le feu de la ligne de front, des plages humides de Normandie aux fossés boueux du Bocage ou dans des caves d’une ville sinistrée, à la lueur d’une bougie, pratiquaient très simplement, d’un geste presque banal, des transfusions sanguines.
Les leçons de la Guerre d’Espagne, durant laquelle les Républicains créèrent, pour la première fois, une "banque de sang ", permettront aux Britanniques, dès 1939, de mettre à la disposition de leurs troupes une succursale de leur "Blood Bank" à Dieppe. De façon plus pragmatique mais tout aussi efficace, les Américains, dès Pearl Harbor, mobilisent leur énergie à traiter les 13 millions de dons de sang recueillis.
De la mobilisation et de la sélection des donneurs à la détermination des groupes sanguins, en passant par la simple aiguille alimentée par un flacon de sang, une logistique d’exception a été scrupuleusement définie et respectée. La course contre la montre sans rompre la chaîne du froid liée à la très courte durée de vie du sang recueilli, a imposé alors une rigueur à faire pâlir les spécialistes les plus modernes du 5 zéro : délai, défaut, stock....
L’avion, du C54 à l’UC 64 en passant par le C47 ou même le P47, sera le vecteur idéal de cette logistique.
Si on garde en mémoire les immenses progrès de l’aviation, de l’électronique, du nucléaire.....on a peut être tendance à oublier les centaines de milliers de vies sauvées par une simple transfusion pratiquée sur le champ de bataille.
Communiqué de l’éditeur
Cet ouvrage est le troisième volet d’un triptyque dédié aux trois "fluides de la guerre". Il est à rapprocher de :
L’eau à la source de la victoire (Agence de l’eau Seine-Normandie 1994)
Quand l’or noir coulait à flots (Heimdal 2004)