Biographie du général Accart, présentée avec ses principaux écrits.
ll est des hommes qui par leurs actions, leurs décisions ou leurs réflexions laissent une empreinte indélébile dans les institutions qu’ils ont fidèlement servies. Le général Jean-Mary Accart est de ceux-là. Son nom est de fait gravé sur tous les tableaux d’honneur de l’armée de l’air.
En seulement 22 jours de combat, il obtient par exemple 12 victoires homologuées (et 4 probables) pendant la bataille de France avant d’être grièvement blessé. Il se hisse en trois semaines de lutte dans la liste des vingt meilleurs as français de la seconde guerre mondiale.
En 1944, il commande le GC 2/2 Berry, tout juste formé et composé de personnel français. Là encore, il joint son nom à ceux de Mouchotte, Rozanoff, Tulasne, et d’une manière générale, à ceux de tous les autres officiers prestigieux qui eurent l’honneur de mener au combat une unité aérienne d’origine française dans la lutte contre l’occupant.
Inspecteur de la chasse en 1951, il prend par la suite la tête du 1er CATAC (Commandement Aérien Tactique, ancêtre de la fameuse FATac/Force aérienne Tactique), et termine sa carrière avec le grade de général de corps d’armée en tant qu’inspecteur des programmes et fabrications d’armement le 30 mars 1965.
L’homme est d’une rare intégrité. Il montre à plusieurs reprises qu’il préfère rester fidèle à ses convictions plutôt que de cautionner des décisions qu’il estime inopportunes. Il n’hésite pas à prendre parti et à exprimer ses idées. Ainsi, à peine l’armistice de 1940 signée, il saisit la plume pour défendre l’honneur des ailes françaises, en témoignant de la résistance héroïque des aviateurs français pour retarder l’inéluctable défaite.
L’homme est ouvert d’esprit et s’intéresse aux progrès technologiques. Il a compris l’intérêt de l’intégration des réseaux de capteurs, que toutes les armées occidentales préconisent aujourd’hui. Il s’investit complètement pour mener à bien le projet destiné à relier les systèmes de défense aérienne de pays membres de l’OTAN, appelé Nato Air Defence Ground Environement (NADGE), dont il est le directeur entre 1965 et 1973.
Le lecteur retrouvera bien d’autres aspects du caractère du général Accart dans cette biographie élogieuse. Il sera transporté par les nombreux récits où des personnages illustres de l’histoire de l’aéronautique, mais aussi des hommes politiques ou des chefs d’état très connus croisent le chemin de l’as français. Il partagera également ces moments si particuliers qui font l’attrait du métier de pilote, c’est-à-dire ces missions où tout ne se déroule pas tout à fait comme prévu et où le talent, et parfois la chance, sont nécessaires pour se tirer de situations compromises. Bref, il va redécouvrir l’épopée de l’aviation au 20e siècle avec les hommes et les responsables qui l’ont vécue, en devant notamment s’adapter aux grands bouleversements technologiques ou stratégiques.
Il me reste à remercier chaleureusement l’auteur de ce livre, Bernard Accart, qui n’est autre que le fils du général. Il rend un formidable hommage à son père. Merci d’avoir témoigné de la sorte et de nous avoir rappelé que, si l’armée de l’air est aussi performante aujourd’hui, elle le doit d’abord à tous ces hommes qui lui ont donné sa légitimité au combat et qui l’ont bâtie patiemment. Merci d’avoir mis en lumière une des plus belles figures que l’armée de l’air ait compté au 20e siècle. Je suis convaincu que le général Accart servira aussi d’exemple à tous les aviateurs du 21e siècle et à tous ceux qui auront lu cet ouvrage.
Préface du général Stéphane Abrial, chef d’état-major de l’armée de l’Air
224 pages, 21 x 29,7 cm